MEMORIAL 

 

 En avril 1919, Paul Doncoeur aumônier de la 28è Brigade décide de retrouver les morts de ses régiments la composant et de construire un monument à leur mémoire. Son projet recueille l’enthousiasme et des dons affluent de toute l'Alsace - Deux trois puis dix volontaires encore sous les drapeaux acceptent de reporter leur démobilisation pour construire ce monument. Le 2 mai le petit groupe arrive sur les lieux, Aux dix volontaires du 35è et du 42è, s'ajoutèrent une douzaine de prisonniers autrichiens. Un camp fut monté, il fut baptisé "le Toutim".

 

La construction achevée le colonel Tesson fut enterré face à la croix, entouré de ses quatorze commandants de compagnie, autour formant comme une garde, les quelques 200 officiers, sous-officiers, caporaux et soldats qui ont été retrouvés. Le monument fut inauguré le 25 septembre 1919.

 

 

 

Ce monument est peu commun, il rappelle les cimetières celtiques de Bretagne. Le monument principal est entouré de menhirs marquant la tombe de chaque soldat formant le cercle protecteur.

 

Deux petits monuments à la mémoire du 60 et 44 RI y sont accolés.

 

 

 

 

 

Les combats de la 28ème Brigade eurent lieu du 25 au 28 septembre 1915. Seul 200 hommes sur les 2500 passeront à travers l’orage de feu. Paul Doncoeur dira lors de son arrivée sur le champ de bataille: "J'ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre. J'ai vu, dans les beaux blés de 1914, noircir sous le soleil d'un jour les premiers cadavres, j’ai vu, aux retranchements du fort de Vaux les vivants partager leurs abris avec des morts de 40 jours. . . . Vous dirai-je que jamais mon cœur n'a souffert comme six mois après l'armistice, quand revenant en Champagne aux lieux de nos grandes batailles, . . . devenus silencieux et déserts, j’ai dû voir, laissés depuis quatre ans au grand soleil de Dieu, à même le sol où ils étaient tombés, nos camarades de 1915. . . . oubliés!

(voir le livre "Paul Doncoeur aumônier militaire" de Pierre Mayoux)